20 mai 2009

J'ai mille noms, mille voix, mille visages. J'ai mille vagues sous la peau, mille douceurs sur les pages. Je suis mille lettres, mille phrases, mille peurs. Mille morceaux de phrases qui s'enroulent autour des bras, serpents de mots, reptiles glacés. Mille écailles froides qui me glissent sur le corps.
Et je les laisse serrer, serrer, je les laisse serrer jusqu'à me trouver morte. Jusqu'à ce que le souffle lui-même soit éteint, que le cœur ne batte plus. Jusqu'à ce que je me taise. Alors, ils prennent mes mains et jettent l'encre à ma place. J'aime, qu'ils ne m'autorisent pas même à parler. Ils sont plus doués que moi, je pense; ils ont plus de talent et je préfère les laisser libres, faire de leur souffle mon souffle, de leurs visages mon visage, de leurs mains mes mains, de leurs corps mon corps. Je préfère qu'ils me fassent leurs. Ils guident ma vie, mes chers enfants de phrases...
V.