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19 juin 2009



On a toutes cette femme en nous. Cette femme qui hurle, cette femme qui pleure. Cette femme mille fois touchée par un amant, femme blessée qui larmoie des océans de glace. Souvent, alors que je m'élance sur les vagues de l'amour, elle me souffle les mots à l'oreille. Sa voix me porte, séductrice lancinante, une voix douce et bénie qui réclame de sourire, une voix qui demande les éclats de bonheur aux oreilles. Elle me guide et me berce, amoureuse ancestrâle, sublime amante brisée qui sait quels sont les gestes, qui connait tous les mots. Je la laisse m'envahir...
Elle exige des futilités, des minauderies et des mimiques de séduction. Elle me réclame une démarche entre le vacillement tremblé des rêveuses et l'assurance de plomb des courtisanes, un équilibre flou, une limite absurde, subtilité superbe. Elle se pavane devant la glace, regarde, s'observe, se désespère et arrache tous les voiles. Elle éparpille et renverse tous les artifices, tantôt primitive et esseulée, puis mondaine et délicate, petite douceur fardée, petite douleur masquée. Jadis, on lui disait qu'il faut souffrir pour être belle et on tirait, tirait, on lui tirait ses petits cheveux tressés d'enfant. Mais ce qu'on ne lui disait pas, le peigne brisé finalement dans les mèches, c'est que ça ne s'arrêterait jamais, jamais, qu'elle ne pourrait jamais s'empêcher de souffrir pour avoir ce sourire éclatant dans la glace, ces yeux brillants, ces lèvres pleines. On y prend goût, tu sais, à ce masochisme malsain de femme. On y prend gout et on tire sur les cheveux, on déchire les bosselures imparfaites, on se tue à la faim, on se tord les chevilles sur le pavé des rues et le plancher des bals. Quand on commence ça ne s'arrête pas, ma belle, ça ne s'arrête plus...

V.










Vastriel

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